vendredi 30 octobre 2009

Quand les écologistes se mettent au service des milieux d’affaires

C’est avec stupéfaction que j’ai appris récemment que L’Institut Pembina et La Fondation David Suzuki ont réalisé par l’intermédiaire de la firme MK Jaccard une étude pour la Banque TD qui laisse entendre que le Canada pouvait réduire de 25% ses émissions de gaz à effet de serre tout en maintenant une hausse de 2.1 % par an de son produit intérieur brut et à 11% la croissance de l’emploi d’ici 2020.

Au moment où la croissance économique à tout prix épuise les ressources de la planète et menace sa survie et celle de ceux et celles qui l’habitent, comment des organisations environnementales respectables peuvent-elles défendre un tel point de vue ? Depuis quand la survie de la planète et de ses habitants est-elle avant tout une question économique ? En tentant de cette façon de convaincre le milieu des affaires de soutenir les objectifs environnementaux de la communauté internationale à l’aube de la conférence de Copenhague ces organisations écologiques errent totalement et deviennent elles-mêmes complices de la dégradation de notre qualité de vie.

Il est temps que nous prenions partie entre le développement économique et la survie de la planète. Même en réduisant notre consommation d’énergie et en utilisant des énergies moins polluantes sinon renouvelables, si nous continuons à mettre de l’avant le développement économique avant tout cela nous mène directement dans le mur sans espoir de retour en arrière. Il nous faut donc une fois pour toute sortir de cette logique de développement pour la remplacer par un objectif de préservation de la qualité de vie sur terre, seule approche garante d’un avenir meilleur et d’une possible guérison de la planète. A ceux et celles qui seraient tentés de penser que de mettre en priorité l’écologie plutôt que l’économie et le développement entraînerait un écroulement économique et la misère essayons un instant de sortir de notre façon habituelle de penser pour réfléchir autrement.

Au Québec et dans les sociétés les plus développées du monde le concept de développement n’a plus aucun sens. Nous avons tout ce dont nous avons besoin pour vivre et il n’y a que les gens les plus défavorisés de la société qui ont besoin d’améliorer leur sort. Pour les autres nous avons amplement ce qu’il nous faut pour vivre et bien vivre et une grande partie de l’activité économique sert à produire des biens et services dont nous n’avons pas vraiment besoin et sont souvent superflus et inutiles. Reste à maintenir en état ce que nous possédons individuellement et collectivement et de le remplacer au besoin. Nous sommes donc parvenus dans nos sociétés à une étape finale de développement et à la nécessité d’entamer une décroissance pour améliorer notre qualité de vie et sauver la planète. Une approche de simplicité volontaire basée sur la satisfaction des besoins essentiels contribuerait alors à améliorer la qualité de vie et notamment à diminuer le temps de travail puisque nous aurions à produire moins.

Si l’on peut encore parler de développement nous devons penser aux autres êtres humains sur terre qui manquent de l’essentiel pour vivre dont de l’eau potable et de la nourriture en premier lieu. Ensuite ils ont besoin de maisons pour se loger, d’électricité pour s’éclairer, de routes, de moyens de communication, d’écoles, d’hôpitaux etc. L’économie mondiale devrait donc être réorientée à partir de maintenant de façon à satisfaire les besoins de base de ces habitants ailleurs dans le monde et dont la population augmente plus vite que la nôtre

Nous avons été capables de mettre sur pied une économie virtuelle surtout au bénéfice de quelques uns sans rapport avec l’économie réelle et une économie basée sur le crédit, donc sur de l’argent qui n’existe pas et nous mènera bientôt à notre perte car nous n’avons rien compris de la crise récente. Pourquoi ne serions-nous alors en mesure de mettre sur pied une nouvelle économie axée sur nos besoins réels et en grande partie axée sur les besoins des habitants moins favorisés de la planète qui n’on pas choisi de naître dans la pauvreté extrême. Nous pourrions assurer notre propre survie économique et nos emplois en mettant nos connaissances et nos ressources au service de ces gens.
Ce redéploiement de l’économie mondiale vers les plus démunis de la terre nécessite évidemment un changement de valeurs. Cela nécessite de ne plus valoriser des valeurs dominantes comme la compétition, la concurrence, la performance et l’individualisme mais bien la compassion, solidarité, le partage et la qualité de vie.

Il n’est plus temps de chercher un meilleur équilibre entre l’économie et l’environnement mais de changer notre façon de penser et de vivre et de préserver la vie sur terre tout en sauvant notre peau et de vivre mieux, plus solidaires et plus heureux. Il est temps de se faire confiance comme êtres humains et de croire de nouveau que nous pouvons changer le monde tous ensemble.

Yves Chartrand
Montréal

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