jeudi 11 septembre 2008

Vaincre la peur et sortir de notre torpeur collective

Les élections fédérales actuelles nous donnent l’occasion de réfléchir sur notre vie collective au Québec et au Canada, en lien avec les citoyens de l’ensemble de la planète que nous habitons. Au-delà de la campagne électorale médiatisée à laquelle nous assisterons au cours des prochaines semaines, des enjeux majeurs prioritaires ne seront malheureusement pas débattus en profondeur comme il se devrait.


Plusieurs menaces planent actuellement au-dessus de nos têtes au moment où l’être humain est plus fragilisé que jamais au niveau de sa santé psychique et physique. La dépression et l’anxiété touchent de plus en plus de gens et la consommation de médicaments, notamment d’antidépresseurs, augmente sans cesse alors que le cancer touchera bientôt une personne sur deux. Nos systèmes immunitaires sont plus fragiles et nous avons également plus de difficulté à nous reproduire. Nous avons donc de moins en moins de ressources personnelles, par conséquent collectives pour faire face à ces menaces.


La première est d’ordre environnemental et menace la survie de l’humanité. La calotte polaire fond plus vite que jamais, les mers se réchauffent et les ouragans se déchaînent, faisant de plus en plus de victimes. Même au Québec nous sommes maintenant directement touchés par les dérèglements climatiques causant notamment des inondations plus fréquentes. La seconde, en lien avec la première et amplifiée par l’agriculture industrielle et la mondialisation est la crise alimentaire mondiale qui sévit en particulier dans les pays en voie de développement. Même si une minorité de gens souffrent chez nous de sous-alimentation, nous faisons par ailleurs de plus en plus souvent face à la présence de bactéries ravageuses comme la listériose ou la salmonellose et nous sommes de plus en plus inquiets de ce que nous retrouvons dans notre assiette.


La troisième concerne la violence et la guerre. Les zones de guerre et de conflit sont nombreuses sur terre et sont amplifiées par le terrorisme qui frappe maintenant les pays occidentaux. Sans oublier la violence dans les villes sauvent causée par la pauvreté et l’exclusion, phénomène qui nous a rejoints dernièrement à Montréal-Nord. La quatrième est d’ordre économique. L’économie mondiale est de plus en plus fragilisée dans le contexte de la mondialisation, d’une course effrénée au rendement maximum dans le minimum de temps, de la spéculation et des malversations. Plusieurs travailleurs(euses) québécois(es) dans le domaine manufacturier en sont ici les premières victimes. La cinquième concerne la culture, la menace pesant sur les identités et les cultures sous la pression de l’uniformisation et de l’anglicisation. Nous en avons comme preuve ici à Montréal la fragilisation grandissante de la langue française au profit de l’anglais.


Finalement, la dernière que je mentionnerai est le rétrécissement de l’espace démocratique, la culture du secret au niveau des institutions et l’accentuation de la répression. Pensons chez nous récemment au dépôt public d’un rapport sur les effets des changements climatiques sur notre vie au Canada en période estivale sans visibilité médiatique par le gouvernement conservateur.


Toutes ces menaces, bien exploitées par certains dirigeants économiques et politiques, font en sorte que la peur et la méfiance modulent de plus en plus les relations humaines. On a l’impression de vivre un sauve qui peut digne des meilleurs scénarios apocalyptiques. Nous sommes tous tentés par le repli sur soi. Peu de gens parlent de la vie collective et de projets collectifs présentement. Chacun, chacune, replié(e) sur soi essaie de vivre le mieux possible sans se soucier de l’autre, sauf de ses proches et encore. La vie collective rétrécit comme une peau de chagrin au profit d’une juxtaposition de vies individuelles. S’ensuit une perte de sens, l’impression de ne pas avoir de pouvoir pour changer les choses, un grand désespoir notamment chez les jeunes, et un rétrécissement de la conscience, la plus grande richesse de l’être humain. La crétinisation grandissante alimentée par les médias et la courses aux satisfactions immédiates et superficielles via une consommation insatiable désole.


Face à ce constat réaliste, peut-être pessimiste pour certains, que nous reste t’il à faire?

Se tirer une balle dans la tête ? Non. Plutôt reprendre courage tous ensemble. Se dire que l’on a beaucoup plus de pouvoir que l’on pense sur notre vie personnelle, et de multiples choix dans les différents aspects de notre vie, même chaque choix implique un prix à payer pour se reconnaître pleinement le droit à l’existence et au bonheur. Se rendre compte que l’on a dans ce coin du monde tellement de richesses que souvent nous ne savons plus quoi en faire. Se rendre compte que notre propre espoir passe par le partage avec les gens d’ici et d’ailleurs.

Assumer notre conscience même si cela fait mal, mais seule condition pour ne pas vivre comme des robots dans ce monde où le réelle cède souvent le pas au virtuel . Faire preuve de lucidité. Savoir que notre force est le nombre face à ceux qui dirigent le monde à sa perte.


Accepter de changer. Changer de façon de penser. Changer notre façon de vivre. Faire des choix personnels et collectifs qui assureront l’avenir de nos enfants, petits enfants et futurs descendants. Penser que nous pouvons changer le cours des choses dès aujourd’hui. Que nous avons toutes les connaissances acquises depuis les débuts de l’humanité, le savoir et la technologie pour vivre autrement. Que nous savons quelle direction nous devons prendre pour que l’aventure humaine sur la planète Terre se poursuive. Que nous avons un pouvoir de décision et que nous pouvons passer dès maintenant à l’action. Que nous pourrons profiter rapidement des effets d’une meilleure vie et être plus heureux tous ensemble. Et surtout reprendre courage, reprendre espoir…

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